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Miriama Abdou Jayéri, responsable commerciale de la Laitière du Sahel au Niger

« La stratégie commerciale Foura consiste à faire connaitre le foura soga par la population Nigérienne ; s’assurer de la disponibilité du foura dans tous les points de vente, les supermarchés, les alimentations, pour parvenir à satisfaire nos clients. Toujours dans cette même stratégie, nous avons fait un lancement officiel avec une communication large pour permettre aux clients de savoir que nous avons un nouveau produit sur le marché, communément appelé en langue locale le foura, que nous avons industrialisé.

Nous avons organisé des animations, devant les hôpitaux, les marchés, les places publiques, et aussi une grande foire agricole annuelle. Nous avons donc fait la promotion pour vraiment faire connaitre le foura à la population Nigérienne.

Source : propos recueilli dans le cadre du tournage du publireportage du foura soga

Mme Maïmouna Malé, Directrice Générale de la Laitière du Sahel au Niger

« Le projet Meriem a apporté beaucoup de choses à la LDS notamment un appui technique sur la production. Car l’objectif était d’améliorer la qualité de la production, de garantir vraiment des produits sûrs, des produits de qualité. Nous avons également reçu un appui sur la modernisation de notre circuit de distribution.

« Le foura soga c’est un nouveau produit, un nouveau produit fortifié, c’est-à-dire dans lequel on a rajouté des complexes multi vitaminés. C’est un produit sain et de qualité. Il est quand même différent parce que actuellement il est unique sur le marché, l’emballage est attrayant et il n’est pas du tout cher. »

« Les perspectives d’avenir pour le foura soga sont surtout la distribution à travers le Niger. Actuellement nous vendons le foura juste à Niamey ; mais d’ici peu de temps nous allons essayer de le déployer dans l’intérieur du Niger et pourquoi pas dans la sous-région. Notre ambition aussi c’est de voir dans quelle perspective nous pouvons faire du foura soga instantané, qui peut nous permettre vraiment une grande commercialisation dans la sous-région ».

Source : propos recueilli dans le cadre de la conception du publireportage sur le foura soga

 Michel Trapsida, Directeur technique de la Laitière du Sahel au Niger

« Le foura soga est composé essentiellement de matières premières locales, puisque c’est essentiellement du mil, les grains de mil qui sont aussi utilisés dans notre dégué, et du lait de vache qu’on achète avec le centre de collecte de Kolo et qui est utilisé à peu près à 70%. On met beaucoup d’accent sur le local. En plus de ça, comme nous sommes dans un élan de lutte contre la malnutrition, on a enrichi ce foura soga avec des vitamines et des minéraux. On a essayé de maintenir le système traditionnel puisque c’est quand même du foura, un produit purement traditionnel qu’on a essayé d’améliorer ici en industrie.

Le processus va du décorticage ; qui est la séparation des grains avec le son, puis un lavage qui est fait ; après une mouture, on a de la farine ; on forme des boules avec les moutures, comme à la traditionnelle puis on les met dans un pasteurisateur pour les cuire. Le génie d’industrie est appliqué, on a réfléchi sur des grand mixeurs qui permettent de faire le mélange et l’homogénéisation. En plus de cela, en fin de processus on a des conditionnements de sachets, biodégradables de 250 ml, de 2000 l en flacon et de 33 cl. »

Source : propos recueilli dans le cadre de la conception du publireportage sur le foura soga

Amélie Girel, cheffe de projet au Gret pour le projet Meriem au Niger

« La sensibilisation, on fait ça dans dix centres de santé de la commune de Niamey ; ça nous permet de sensibiliser les femmes sur l’alimentation qui est recommandée pour elles chaque jour et surtout leur expliquer dans le quotidien qu’il y a des choses qu’il faut manger en priorité et qui apportent des vitamines et des minéraux, et d’autres qui sont néfaste pour la santé si elles sont consommées en trop grandes quantités.  Donc il s’agit de refaire un point sur les avantages d’une bonne nutrition, ce que ça va leur apporter en terme de santé pour elles, mais aussi pour les enfants, donc on part des femmes enceintes et allaitantes jusqu’aux 24 mois du bébé. C’est ce qu’on appelle les 1 000 premiers jours de l’enfant. Par cette sensibilisation, on se rend compte leur niveau d’information au départ, et on fait des ciné-débats avec des présentations de film dans les centres de santé, ce qui permet d’améliorer les connaissances »

Source : propos issus de l’interview de Studio Kalangou au Niger

Le Foura Soga, un nouveau produit fortifié pour les femmes en vente à Niamey

La société Laitière du Sahel s’engage dans la lutte contre la malnutrition au Niger, un fléau qui touche plus particulièrement les jeunes enfants et les femmes. Elle a été soutenue par le projet Meriem, qui vise à développer des solutions commerciales pour prévenir la malnutrition dans les grandes villes du Niger, du Burkina Faso et du Mali.

Le 26 janvier 2022, elle a ainsi lancé à Niamey son premier produit fortifié à destination des femmes, le Foura Soga. Il s’agit d’une version enrichie du Foura traditionnel, une boisson lactée à base de mil très appréciée des nigériens et nigériennes. Le Foura Soga est enrichi en vitamines et minéraux, conseillé pour les femmes afin de leurs permettre de refaire le plein d’énergie.

Un produit sain destiné aux femmes à base d’ingrédients naturels et locaux qui répond au goût traditionnel nigérien.

Il s’agit d’un produit à base de matières premières locales et naturelles, adapté aux besoins des femmes enceintes et allaitantes. A l’occasion de la mise sur le marché du produit, une cérémonie de lancement a été organisée le 26 janvier 2022 à l’hôtel Radisson de Niamey en présence de 200 invités sous le haut parrainage de la Ministre de l’Industrie. Cette cérémonie a été lancée par le Ministre Haut-Commissaire à l’initiative 3N (les Nigériens Nourrissent les Nigériens), et présidée par la Directrice Générale de la Laitière du Sahel. Selon Mme Diori, Directrice Générale de la LDS, « le « Foura Soga » contribuera de façon sensible à améliorer les indicateurs d’accès de nos populations à une alimentation de qualité, saine et à haute valeur nutritive ».

 La campagne de lancement

A la suite de ce lancement, une campagne terrain a été déployée du 29 janvier au 26 février 2022 à travers les cinq communes de la ville de Niamey, au niveau des marchés, hôpitaux et maternités, gares routières, stations Total et des grands ronds-points.  Diverses activités telles que la vente dans les marchés, les dégustations et les animations DJ avec remise de cadeaux, ont permis de faire connaitre le Foura Soga dans toute la ville. Une vaste campagne de communication a également démarré pour une période de 3 mois, assurant une forte visibilité du produit. Une campagne d’affichage a été mise en place dans les quartiers stratégiques de Niamey, ainsi qu’une communication via les médias telles que la TV, la radio et les réseaux sociaux.

La population de Niamey a déjà réservé un accueil très favorable au produit, avec des ventes qui ont connu un vrai succès sur les trois types d’emballages (sachet 250ml, bouteilles de 330 et 500ml).

Photos de la cérémonie de lancement du Foura Soga – ©Gret 2022

Comme le dit Fati Mariko, veillons sur l’alimentation de nos femmes et enfants

 « Parmi les causes aux multiples problèmes de santé des mères et des enfants au Niger, figure une alimentation inadaptée. Pourtant, avec des actions simples et peu coûteuses, nous pouvons bien nourrir nos femmes et nos enfants » (Fati Mariko).

Le jeudi 20 janvier 2022 s’est tenu au centre de santé intégré Koira Kano nord du district 1 de Niamey, le lancement officiel de la campagne de communication sociale sur l’alimentation des femmes enceintes et allaitantes et des jeunes enfants de 6 à 23 mois portée par le Ministère de la santé du Niger. Ce lancement était organisé par les équipes du projet MERIEM en collaboration avec les cadres de la Direction régionale de la santé publique et de la Direction de la nutrition. Etaient présentes plusieurs personnalités et organisations partenaires du projet, notamment le Gouverneur de la région de Niamey et le Secrétaire Général Adjoint du Ministère de la santé publique et de l’action sociale.

La cérémonie a débuté au son de la voix de la chanteuse nigérienne bien connue Fati Mariko. Elle s’est exprimée pour recommander aux femmes enceintes et allaitantes l’utilisation d’aliments locaux à haute valeur nutritive disponibles à moindre coût. Marraine du projet, elle a composé spécialement une chanson qui va dans ce sens.

Le représentant du GRET a ensuite prit la parole pour rappeler que cette campagne s’inscrit dans le cadre de la stratégie nationale en matière de prévention de la malnutrition telle que définie dans la politique nationale de sécurité nutritionnelle et dans l’initiative 3N (les Nigériens Nourrissent les Nigériens).

Le Gouverneur de la région, en présence du Secrétaire Général Adjoint du Ministère de la santé, parrain du lancement, a alors lancé officiellement la campagne, il termine par ces mots : « c’est le lieu de féliciter l’ONG GRET et ses partenaires pour tous leurs efforts dans cette lutte contre la malnutrition ».

Allocution de la marraine de la campagne Fati Mariko – ©Gret 2022

Représentant pays du GRET – ©Gret 2022

3 questions aux équipes du projet Meriem pour mieux comprendre la campagne

 La campagne de communication sociale a démarré en novembre dernier avec le concours de deux organisations Nigériennes de la société civile (OSC). Dans un premier temps, les messages de cette campagne portaient sur l’alimentation des femmes enceintes et allaitantes. Depuis cette année et pour une durée d’un mois et demi, c’est l’alimentation des jeunes enfants qui est abordée. La campagne mobilise de façon large et diverse différents canaux pour promouvoir les comportements alimentaires promus dans les messages, afin de contribuer à la prévention de la malnutrition des jeunes enfants et des femmes en âge d’en avoir.

 

En quoi consistent les ciné-débats et les démonstrations culinaires proposés dans le cadre de cette campagne ?

 Pour Ibbo Amadou du Gret : « Lors d’un ciné-débat, les participants et participantes assistent bien évidemment à une projection, celle d’un film consacré au sujet dans lequel ils et elles peuvent regarder, écouter et prendre le temps de s’identifier aux personnages du film. Ensuite vient le moment des échanges, du débat, qui permet alors d’apporter des compléments d’information si nécessaire.

La démonstration culinaire est une tout autre technique de sensibilisation en faveur d’une alimentation recommandée. Elle consiste à utiliser les aliments localement disponibles pour préparer un repas équilibré et à haute valeur nutritive tout dans l’intention de prévenir la malnutrition des enfants et des femmes en âges de procréer ».

Les séances de ciné-débats et celles de démonstration culinaire sont réalisées dans 10 centres de santé de Niamey à l’occasion des différentes consultations et dans 6 quartiers à travers les groupements féminins, les concessions et les fadas. Les sessions sont animées par les équipes des 2 OSC nationales partenaires. »

 

Démonstration culinaire dans un quartier – ©Gret 2022

 

Ce nouveau service AlloLaafia, que propose-t-il ?

 AlloLaafia, c’est une première au Niger, il s’agit de sensibiliser par la téléphonie mobile. Ce service a été développé conjointement par le ministère de la santé publique, de la population et des affaires sociales en étroite collaboration avec le Gret. Il consiste à envoyer des messages téléphoniques aux femmes enceintes et à leur mari et aux jeunes parents d’enfants de 6 à 23 mois. Les conseils reçus sont personnalisés et adaptés en fonction du stade d’évolution de la grossesse et de l’âge de l’enfant.

A Niamey, grâce à cette campagne, ce sont plus de dix mille personnes qui ont été abonnées à ce service. Disposer d’un téléphone portable, savoir lire, ou avoir quelqu’un de confiance dans son entourage qui puisse lire les SMS reçus sont entre autres les critères pour inscrire les personnes à ce service. Chaque abonné·es reçoit ainsi 2 à 3 SMS par semaine, avec des messages portant sur l’alimentation et sur la santé » ; explique Warsou Ousmane du Gret.

 

En plus du service AlloLaafia, y a-t-il d’autres innovations ?

La campagne déployée par le Gret et ses partenaires a également une portée nationale au travers de la diffusion de deux courts spots de sensibilisation sur les télévisions et radios nationales. « Sa signature porte un message fort : ‘écoutons nos bébés’ », précise Amélie Girel du Gret qui ajoute : « La chanson de la marraine Fati Mariko est par ailleurs diffusée sur deux radios communautaires. Bien entendu tous les messages diffusés via les médias de masse sont proposés dans les trois langues – haoussa, zarma et français – pour toucher le plus grand nombre ».

« Fati Mariko est une compositrice et chanteuse bien connue des Nigérien·nes, appréciée par son engagement. Son implication active en tant que marraine de la campagne va permettre d’accroitre la visibilité et l’intérêt de la population sur le sujet de la prévention de la malnutrition maternelle et infantile au Niger », explique Ibbo Amadou du Gret. Au travers de la chanson et du clip qu’elle a spécialement composé pour la campagne et grâce à sa présence dans plusieurs sessions de ciné-débats et démonstrations culinaires, Fati Mariko apporte ainsi une aide généreuse et précieuse.

 Fati Mariko et deux animatrices de l’OSC ADN KAMNA- ©Gret 2022

 La multitude de canaux utilisés pour cette campagne devrait porter ses fruits en termes d’apport de connaissances et d’adoption de comportement alimentaires favorables à la santé des femmes enceintes et allaitantes et des jeunes enfants en milieu urbain à Niamey. Elle fera l’objet d’une évaluation externe pour démontrer son efficacité et son impact. Comme le dit Fati Mariko dans sa chanson : « veillons sur l’alimentation de nos femmes et enfants ! ».

Collaboration entre l’IRD et l’INS pour le projet Meriem au Niger

SIGNATURE DE LA CONVENTION DE COLLABORATION SCIENTIFIQUE ET DE REVERSEMENT DE FONDS ENTRE L’IRD ET L’INS POUR LA CONDUITE DE L’ENQUETE DE BASE DU PROJET MERIEM

L’Institut National de la Statistique (INS) du Niger et l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD) de la France ont signé respectivement en novembre et en décembre 2020 un protocole de partenariat pour la mise en œuvre d’une enquête de base dans le cadre de la mise en œuvre du projet MERIEM (Mobiliser les Entreprises sahéliennes pour des Réponses Innovantes à large échelle contre la Malnutrition). Il s’agit de l’évaluation du processus et des effets du projet MERIEM auprès des femmes en âge de procréer et des jeunes enfants (6-23 mois) dans la seule région de Niamey. L’INS assurera avec le soutien technique et financier de l’IRD, l’élaboration des documents méthodologiques de l’enquête ainsi que la collecte des données sur le terrain.

L’INS, à travers la Plateforme Nationale d’Information pour la Nutrition (PNIN), ayant une expérience en matière de collecte des données quantitatives de consommation alimentaire avait été pressentie par l’IRD pour conduire cette opération. Cette opération permettra de disposer des informations sur un certain nombre de variables intermédiaires correspondant aux deux principales voies d’impact potentielles du projet, à savoir la voie « alimentation » et la voie « connaissances et pratiques ». Elle permettra aussi d’identifier les facteurs ayant contribué aux effets positifs du projet ou au contraire à l’absence d’effets, voire le cas échéant à ses effets délétères.

Le succès attendu de cette collaboration scientifique entre l’INS et l’IRD renforcera davantage le positionnement de l’INS en tant qu’acteur principal de la production de l’information nutritionnelle au Niger.

[Source : Plateforme PNIN Niger]

Préparation des campagnes de communication sociale pour le changement de comportement

Des campagnes de communication sociale pour le changement de comportement sont en cours de préparation dans les trois pays. Les stratégies retenues sont propres à chaque pays selon les besoins identifiés, la faisabilité des différentes approches envisagées et selon le calendrier de lancement des produits sur le marché.

Ces campagnes viseront à promouvoir les bonnes pratiques alimentaires identifiées comme prioritaires suite aux études de contexte conduites au début du projet, et en accord avec les politiques nationales de nutrition des trois pays. Elles cibleront prioritairement les femmes en âge d’avoir des enfants, notamment les femmes enceintes et allaitantes, ainsi que les parents des enfants de 6 à 24 mois. « Nous sommes en train de développer plusieurs types d’approches complémentaires afin de maximiser l’impact de ces campagnes sur les changements de comportement des cibles du projet envers une alimentation de qualité, diversifiée et équilibrée. Au travers de la composante de média de masse par exemple, nous espérons toucher un plus large panel de personnes qui influent directement sur les pratiques des bénéficiaires en termes d’alimentation, comme les maris ou la proche famille. Au Mali et au Burkina-Faso, nous sommes actuellement en pleins préparatifs d’un film sur les pratiques alimentaires adaptées pour les femmes enceintes et allaitantes et sur les liens avec la santé. Ces films seront diffusés au niveau national », explique Martial Pouret, Directeur du projet Meriem. Par ailleurs, le projet prévoit également une approche de proximité visant à sensibiliser directement les personnes influentes des quartiers ciblés (leaders des associations, agents de santé, chefs de quartiers, etc.), les femmes enceintes et allaitantes et leur mari, ainsi que les parents des enfants de 6 à 24 mois.

Ces campagnes de communication sociale pour le changement de comportement font partie intégrante du projet Meriem. Elles permettront de promouvoir une alimentation de qualité pour les femmes et les jeunes enfants et ainsi mieux faire comprendre l’intérêt des produits à forte valeur nutritionnelle et leur place dans un régime alimentaire équilibré et diversifié. De plus, combiner ces campagnes avec l’amélioration de l’offre disponible sur le marché de ces produits permet de maximiser l’adoption de meilleures pratiques alimentaires, constituant ainsi un puissant levier d’action de lutte contre la malnutrition.

Des solutions commerciales contre la malnutrition au Sahel

Le 17 octobre 2018, le Gret et la société de conseil Hystra ont lancé à Ouagadougou, au Burkina Faso, un projet de trois ans visant à démontrer comment et à quelles conditions des solutions commerciales peuvent contribuer à prévenir durablement la malnutrition, sous toutes ses formes, dans les grandes villes du Burkina Faso, du Mali et du Niger. Le projet Meriem (Mobiliser les entreprises sahéliennes pour des réponses innovantes et à large échelle contre la malnutrition), financé par l’Agence française de développement (AFD) et la Fondation Bill & Melinda Gates, est mis en œuvre par une alliance multi-acteurs composée de professionnels du développement, de la recherche et du conseil aux entreprises.

Les 1 000 jours, une période clé pour prévenir la malnutrition, notamment en milieu urbain

Au Burkina Faso, au Mali et au Niger, 21 à 42 % des enfants de moins de cinq ans souffrent de malnutrition chronique. Elle a des conséquences irréversibles si elle survient pendant la période des « 1 000 jours », correspondant à la période du développement de l’enfant, du premier jour de grossesse jusqu’à l’âge de deux ans. Les aliments fortifiés manufacturés de qualité ont un fort potentiel pour contribuer à prévenir la malnutrition des jeunes enfants et de leurs mères sur cette période clé, en apportant une valeur nutritionnelle adaptée à leurs besoins. Cela est d’autant plus vrai dans les grandes villes sahéliennes où les citadins ont l’habitude de consommer des aliments manufacturés et où la population des quartiers précaires est en augmentation constante.

Pourtant, les entreprises sahéliennes ont encore des difficultés à produire et distribuer à grande échelle des aliments fortifiés de qualité, sur un marché qui leur semble complexe et peu favorable. Une offre locale existe, mais elle est insuffisante pour couvrir durablement les besoins de la population, et les produits importés sont inaccessibles financièrement à la majorité de la population.

« Nous avons constaté que les aliments fortifiés font partie des solutions efficaces pour lutter contre la malnutrition dans notre pays, en particulier en ville où les aliments manufacturés sont entrés dans nos habitudes alimentaires », explique Bertine Ouaro, directrice de la nutrition au ministère de la Santé burkinabé.

Une solution innovante et durable qui mobilise les entreprises

En suscitant l’adhésion des acteurs publics et privés de la nutrition, et avec des mécanismes de marché pérennes, il est possible au Sahel d’étendre l’offre d’aliments fortifiés manufacturés, de qualité, et accessible au plus grand nombre. Fort de cette idée, le Gret lance le projet pilote Meriem (Mobiliser les entreprises sahéliennes pour des réponses innovantes à large échelle contre la malnutrition).

Ce projet relève le défi de concilier objectif social et rentabilité économique à grande échelle dans trois pays. Il veut démontrer comment et à quelles conditions des solutions commerciales peuvent contribuer à prévenir durablement la malnutrition. Des innovations en matière de commercialisation seront testées et déployées avec des entreprises sahéliennes à fort potentiel, sélectionnées pour leur double intérêt à se lancer sur un marché porteur, tout en contribuant à un enjeu de santé publique. Ces innovations s’accompagnent d’actions indispensables d’appui au secteur public pour la mise en œuvre d’un cadre règlementaire adapté (normes qualité, Code international de l’OMS, etc.) et à la promotion d’un label qualité, permettant d’encourager les entreprises à se mobiliser tout en encadrant leur action. Cette approche s’accompagne d’actions de sensibilisation à l’allaitement maternel exclusif, à la diversification alimentaire et à la poursuite de l’allaitement maternel jusqu’à l’âge de deux ans ou plus, en lien avec les acteurs publics de santé, avec la préoccupation d’encourager ces bonnes pratiques fondamentales en matière d’alimentation pendant la période de 1 000 jours.

Un projet pilote à large échelle

Ce projet, piloté par le Gret et Hystra, réunit un pool d’experts internationaux du monde des ONG, de la recherche et du conseil au secteur privé – l’Institut de recherche et d’applications des méthodes de développement (Iram)Initiatives Conseil International (ICI), l’Institut de recherche pour le développement (IRD)Ogilvy Change et ThinkPlace. D’une durée de trois ans (juin 2018-mai 2021), il bénéficie du soutien de l’AFD et de la Fondation Bill & Melinda Gates pour un budget total de 14,2 millions d’euros. Avec une direction projet basée à Ouagadougou et des équipes projets dans les trois pays, ce consortium hybride travaillera sur trois grands volets d’activités :

1.Développer une offre locale d’aliments fortifiés de qualité

Gret Laafi benre, NutriFaso
  • Concevoir des produits adaptés aux besoins nutritionnels des enfants de 6 mois à 2 ans et des femmes en âge d’avoir des enfants, conformes aux habitudes alimentaires, respectant les normes et recommandations internationales, et accessibles à la plus grande partie de la population.
  • Accompagner des entreprises sahéliennes sélectionnées, ayant le potentiel pour produire et distribuer les produits à grande échelle.

 

 

2.Déployer une approche commerciale innovante

Commercialisation d’aliments nutritionnels Burkina Faso
  • Susciter l’intérêt des familles pour ces produits adaptés aux besoins des femmes et des enfants de 6 mois à 2 ans.
  • Encourager la consommation régulière et par le plus grand nombre de ces produits.
  • Tester des stratégies de distribution à grande échelle, des grands distributeurs aux réseaux de proximité.
  • Sensibiliser la population à la nutrition, en partenariat avec l’Etat et des acteurs locaux.
  • Promouvoir un label qualité.
  • Appuyer l’Etat et les entreprises pour le respect des normes qualité et du Code international de l’OMS.

3.Evaluer et capitaliser les résultats

  • Evaluer les chemins d’impact du projet, capitaliser la démarche et les résultats.
  • Documenter les conditions pour la réussite de cette approche, identifier les limites, mettre en débat.
  • Susciter l’adhésion des parties prenantes en diffusant et faisant reconnaître les mérites de cette approche.

En travaillant en milieu urbain, ce projet veut répondre au défi de la bonne alimentation en ville, où peu de projets se développent malgré l’augmentation rapide de la population dans les quartiers précaires. Il vise à prévenir la malnutrition sous toutes ses formes en mobilisant les entreprises pour assurer au plus grand nombre un accès durable à des produits fortifiés de qualité.

Le projet a été lancé officiellement le 17 octobre à Ouagadougou pour le Burkina Faso, à l’occasion du deuxième comité de pilotage du projet. Cette cérémonie de lancement s’est tenue en présence des représentants de l’AFD et de la Fondation Bill & Melinda Gates, de Philippe Chedanne, délégué régional Grand Sahel de l’AFD,  de Ella Compaore, secrétaire technique en charge de l’alimentation et de la nutrition au ministère de la Santé, de Nana Thiombiano, représentante de la Direction de la Nutrition, de Salamata Ouedraogo, représentante de la Direction générale de la promotion des entreprises au ministère du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, de Pierre Jacquemot, président du Gret et des représentants des ONG, des Nations Unies, des entreprises et du secteur bancaire, et du laboratoire national de santé publique.

Le lancement des activités au Burkina Faso sera suivi du lancement des activités dans les deux autres pays d’intervention du projet, au Mali et au Niger, dans les prochains mois.

Plus d’informations sur la page projet Meriem
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