Mariam Bouda, mère de famille à Ouagadougou, quartier de Sir-Noghin

« Pour ma dernière enfant, j’ai commencé à donner de la Phosphatine. Elle avait 18 mois. Mais elle pouvait consommer trois boites par semaines, et la boite coûte entre 1000 et 1250 francs CFA ! Par manque de moyens, j’ai arrêté et je continue à lui donner la bouillie traditionnelle que les femmes font chaque matin. Ce serait très très important qu’on ait de la bouillie de qualité dans les quartiers que l’on trouve dans toutes les boutiques du coin et à moindre coût. Si on a ces bouillies enrichies dans les boutiques du quartier, cela va beaucoup aider les mamans. Cela permet d’aller l’acheter et continuer les tâches ménagères, et cela évite aussi d’envoyer les enfants pour aller acheter. En plus, ça évite qu’on réveille les enfants très tôt le matin pour aller s’aligner et acheter les bouillies traditionnelles au bord des voies. C’est une solution que toutes les mères rêvent aujourd’hui. »

Source : propos recueillis par le Gret au Burkina Faso.

Noélie Ouedraogo, présidente de l’association SAGL-Taaba, Ouagadougou, quartier de Sir-Noghin

« La situation de la malnutrition est vraiment préoccupante, un enfant sur trois souffre la malnutrition dans ce quartier. Sir-Noghin est un quartier périphérique, l’accès à l’information mais aussi aux aliments qu’ils faut donner aux enfants est un problème. L’ignorance des bonnes pratiques alimentaires est la cause principale de la malnutrition. Il y en a qui payent pour des aliments industriels importés, mais ils sont peu nombreux dans les quartiers. »

Source : propos recueillis par le Gret au Burkina Faso.

Marie-Pierre Nicollet, directrice du département transition démographique et sociale de l’AFD

« L’originalité du projet MERIEM n’est pas de réparer la malnutrition, mais de la prévenir en invitant le secteur privé à se mobiliser pour prévenir cette maladie à travers des solutions innovantes.

Y a-t-il un chemin, un juste milieu entre les programmes nutritionnels d’urgence du Programme Alimentaire Mondial (PAM) réservés aux plus vulnérables et d’achat d’aliments fortifiés importés inaccessibles financièrement pour le plus grand nombre ? Qu’est-ce qu’un investissement solidaire, sinon la capacité qu’auraient les entreprises sahéliennes à démontrer qu’elles peuvent répondre à un objectif tout en ménageant les conditions de leur rentabilité financière, à tout le moins une rentabilité suffisante à la reconduction de l’investissement ?

L’investissement solidaire en faveur de la nutrition est-ce un réservé au secteur privé non lucratif ? Ou est-ce de la responsabilité sociétale de toutes les entreprises ? C’est à cette question qu’ont souhaité répondre deux donateurs aussi différents que la fondation Gates, née du travail d’une entreprise capitaliste iconique et l’Agence Française de Développement, banque de développement publique, née pour sa part de l’effort redistributif du contribuable français. La création de cette plateforme partenariale qu’on appelle MERIEM fait sens ».

Source : www.lesahel.org, 15 février 2019, à l’occasion du lancement du projet MERIEM au Niger.