Marie-Pierre Nicollet, directrice du département transition démographique et sociale de l’AFD

« L’originalité du projet MERIEM n’est pas de réparer la malnutrition, mais de la prévenir en invitant le secteur privé à se mobiliser pour prévenir cette maladie à travers des solutions innovantes.

Y a-t-il un chemin, un juste milieu entre les programmes nutritionnels d’urgence du Programme Alimentaire Mondial (PAM) réservés aux plus vulnérables et d’achat d’aliments fortifiés importés inaccessibles financièrement pour le plus grand nombre ? Qu’est-ce qu’un investissement solidaire, sinon la capacité qu’auraient les entreprises sahéliennes à démontrer qu’elles peuvent répondre à un objectif tout en ménageant les conditions de leur rentabilité financière, à tout le moins une rentabilité suffisante à la reconduction de l’investissement ?

L’investissement solidaire en faveur de la nutrition est-ce un réservé au secteur privé non lucratif ? Ou est-ce de la responsabilité sociétale de toutes les entreprises ? C’est à cette question qu’ont souhaité répondre deux donateurs aussi différents que la fondation Gates, née du travail d’une entreprise capitaliste iconique et l’Agence Française de Développement, banque de développement publique, née pour sa part de l’effort redistributif du contribuable français. La création de cette plateforme partenariale qu’on appelle MERIEM fait sens ».

Source : www.lesahel.org, 15 février 2019, à l’occasion du lancement du projet MERIEM au Niger.