Explorer les pratiques de consommation des femmes et des jeunes enfants

Entre septembre et novembre 2018, l’Iram, partenaire du projet MERIEM, a réalisé une étude à Ouagadougou, Niamey et Bamako, pour explorer les pratiques de consommation des femmes en âge d’avoir des enfants, et des jeunes enfants de 6 à 24 mois.

Une malnutrition multiforme

L’étude souligne le caractère multiforme de la malnutrition en ville au Sahel. La sous-nutrition entraîne un retard de développement de l’enfant et une santé fragile, qui se répercute d’une génération sur l’autre et alimente le cercle vicieux maladie-pauvreté-malnutrition. Mais la sous-nutrition n’est pas le seul défi au Sahel : la sur-nutrition et les troubles qui y sont associés sont une priorité majeure en ville. Goût pour les aliments frits, boissons sucrées dès le plus jeune âge, sédentarité, grignotage…  L’étude met en évidence, en particulier à Bamako, des pratiques de consommation qui expliquent l’émergence de la malnutrition par excès en milieu urbain.

Le goût, le prix, l’avis des pères de famille, la disponibilité des produits, la publicité : autant de facteurs décisifs sur les choix alimentaires et nutritionnels des familles qui ont un impact fort sur la qualité de leur nutrition.

Une analyse de la demande pour les femmes et les enfants en bas-âge

La bouillie est le repas privilégié des 6-12 mois, mais elle n’est pas toujours fortifiée en réponse aux besoins nutritionnels des enfants, et souvent servie « à la demande ». Le grignotage et les en-cas font partie de la consommation régulière des tous-petits.

Les mères de jeunes enfants prennent en général leur repas à la maison, en famille. Les étudiantes déjeunent le plus souvent à l’extérieur. Le petit déjeuner est souvent délaissé ou décalé dans la matinée : une pratique qui contribue à l’anémie des jeunes filles. Quand elles sont enceintes, les femmes bénéficient d’une plus forte attention de leur mari qui se soucie de leur alimentation, pour la bonne santé de la mère et de l’enfant.

Des habitudes alimentaires dont le projet MERIEM devra tenir compte pour proposer des produits qui plaisent aux consommateurs urbains tout en améliorant la santé nutritionnelle des femmes et des jeunes enfants, dans les villes sahéliennes.